L’Aigre

L’Aigre : d’où vient son nom ?

On la nommera successivement
Egréa ( en 1131), puis Ogra et Esgrenna (1133), Ogréa (1177), Olgria (1180), Agre (1300), Ougre (1447).

Tous ces termes semblent signifier « La Rapide ».
Egre viendrait du latin « acer » qui voudrait dire vif, ardent, prompt.

Vers la fin de XVIè siècle, un auteur du temps, Belleforest, pouvait écrire dans sa « Cosmographie » en 1575 parlant des rivières du Dunois : « la 3ème rivière se nomme Aigre, qui naît un peu au dessus de l’étang de Verdes et passe par le milieu de la forêt de La Ferté Villeneuil. »

Source : La Ferté-Villeneuil au long des siècles / Robert PERRICHON

La nappe de Beauce a une capacité de stockage estimée à 20 milliards de mètres cubes, soit une vingtaine de fois le volume du lac d’Annecy… Elle joue un rôle régulateur très important du débit des rivières, car elle contribue à l’alimentation naturelle des cours d’eau qui lui sont liés, tels le Loir et son affluent l’Aigre, le Loing, l’Essonne, etc.

Le débit de l’Aigre a été observé pendant une période de 40 ans (1969-2008), à Romilly sur Aigre, localité située au niveau de son confluent avec le Loir. Le bassin versant de la rivière y est de 276 km2, soit la totalité de celui-ci.

Le débit instantané maximal enregistré à Romilly sur Aigre durant cette période, a été de 5,93 m3 par seconde le 1er février 1998, tandis que le débit journalier maximal aurait été de 24 m3 par seconde le 9 avril 1983.

Le bassin versant de l’Aigre
Le bassin versant est une cuvette dans laquelle l’eau qui tombe :
– Soit s’enfonce dans la terre
– Soit ruisselle et se retrouve dans la rivière qui porte son nom
Le bon état de l’eau de la rivière Aigre dépend de tous les acteurs vivant sur ce bassin, car l’eau de ruissellement entraîne tous les résidus qu’elle trouve sur son chemin.

Que sont une source, une fontaine et un gouffre ?
Une source :
C’est une eau vive sortant de terre par une issue naturelle.


La source Tic-tic (Charray)

Une fontaine :
Jusqu’au XVIIè siècle, les mots source et fontaine sont synonymes. On réserve, actuellement ici, le mot source au point où l’eau sort de terre naturellement et celui de fontaine à un point d’eau aménagé.


La fontaine à Christophe (La Ferté Villeneuil)

Un gouffre :

C’est une dépression naturelle très profonde aux parois abruptes (dictionnaire Larousse).
Pour la rivière Aigre, c’est un endroit où le fond est plus creux que le reste du lit, et l’eau visiblement plus bleue. On peut citer le gouffre d’Anvault et le gouffre entre la Motteraye et les Jaunets.

Certaines fontaines présentent des caractéristiques singulières.
La fontaine Tic-Tic située sur la côte de Chambraille à Charray débite son eau goutte à goutte, d’où ou nom.
La fontaine St Georges, presque à fleur de plateau, donne son nom et son eau à un hameau. Elle correspond à une nappe plus élevée d’environ 15 mètres que les puits ordinaires.

Source : exposition 1989 «La rivière qui relie les hommes»/ Ecomusée de la Vallée de l’Aigre

Les marais

Les marais et tourbières se définissent comme des zones humides, caractérisées par la présence, permanente ou non, en surface ou à faible profondeur, d’eau disponible. Ils représentent un territoire de transition entre la terre et l’eau. Cette structure naturelle soutient les berges de la rivière. Tourbe : matière spongieuse et légère qui résulte de la décomposition de végétaux à l’abri de l’air (Robert)

Le rôle économique du marais
Les prairies du bord de l’Aigre donnaient une herbe de qualité médiocre, mais réputée rafraîchissante. En 1861, la commune de Charray décide que les marais communaux soient expressément réservés, et que chaque particulier qui désirerait y conduire paître ses vaches, soit taxé annuellement de la somme de 2 F par vache.
Cette récolte servait de litière ou de mauvais foin. A Verdes, les marais avaient été divisés en bandes, et vendus aux cultivateurs intéressés. Les parcelles étaient déterminées verticalement par rapport aux bords de l’Aigre, et la berge, consolidée pour permettre aux vaches de se désaltérer. L’entretien des roselières permettait de récupérer les « pillets » pour couvrir les toits des maisons. La coupe du bois assurait le chauffage. Aujourd’hui, certaines parcelles sont louées pour la chasse ou la pêche.

Depuis les sécheresses de 1976 et 1992, les marais se sont desséchés et affaissés. Les marais ne sont plus rentables. Petit à petit on a perdu l’habitude de les entretenir. Les parcelles sont boisées et envahies par les broussailles, il est donc pénible et coûteux d’effectuer des travaux de nettoyage. La pratique du fauchage n’est plus possible, et tombée en désuétude. Certains riverains ont gardé l’habitude d’exploiter des coupes de bois et de débroussailler. L’état du marais empêche souvent l’accès à la rivière, ce qui complique son entretien et contribue à sa dégradation. Des actions sérieuses de nettoyage de la rivière sont actuellement engagées et peuvent contribuer à la restauration du milieu, permettant de retrouver un paysage vivant avec sa flore et sa faune si particulière. Les marais restent un lieu privilégié pour les pêcheurs, les chasseurs et les promeneurs.

La vie sauvage dans la vallée

Un mammifère : l’écureuil, on l’appelle « le jardinier de la Nature ».
Ses options sensorielles :
Son sens du toucher est très développé grâce aux vibrisses réparties sur sa tête et ses pattes.
Son ouïe est très bonne.
Son odorat est puissant et lui permet de détecter les graines enfouies sous terre, et jusqu’à 30 cm de neige.
Sa vue est excellente. Ses yeux placés sur les côtés de sa tête lui offrent un large champ visuel.
Sa longévité est de 10 à 12 ans.

Un oiseau : le martin pêcheur
Petit, trapu, avec des pattes courtes, une grosse tête et un bec en forme de poignard, le martin-pêcheur se distingue surtout par ses couleurs éclatantes. Quand il vole, on perçoit un « éclair bleu métallique ». Il niche le plus souvent dans les berges des rivières. Immobile, il guette les petits poissons qu’il capture après un plongeon vertical.

Un insecte : l’Agrion de Mercure
L’Agrion de Mercure est une libellule du groupe des Zygoptères (qui a les 2 paires d’ailles identiques), de 30 à 35 mm de long, à l’abdomen fin, cylindrique et allongé. Chez le mâle, l’abdomen est bleu ciel, maculé de taches noires. L’abdomen de la femelle est presque entièrement noir bronzé. L’Agrion de Mercure habite les milieux aquatiques ensoleillés, le plus souvent en terrain calcaire. Très rare dans le département, on l’a trouvé récemment à Charray et à Romilly sur Aigre. La ponte a lieu dans les plantes aquatiques, les adultes apparaissent en mai et vivent jusqu’en août. La larve passe un ou deux hivers dans la végétation aquatique. Elle se nourrit d’animacules divers. Les adultes, également carnassiers, chassent à l’affût sur un support, capturant au vol des petits insectes passant à proximité.

Un reptile : la couleuvre à collier
Elle vit autant dans les milieux secs que dans les zones humides. La femelle mesure près de 2 m. Sa tête est ovale, plate avec un museau court et arrondi. La pupille de l’œil est ronde. Elle est surtout diurne et active en milieu de journée. Elle se nourrit principalement d’amphibiens.

Un poisson : la truite fario
Elle est sédentaire : 100 % de son cycle biologique se déroule dans l’Aigre. C’est un poisson typique des eaux vives, fraîches, et bien oxygénées. Elle est solitaire, et chasse généralement à l’affût. Elle se nourrit d’insectes et de larves, de vers, de petits mollusques et de petits poissons. Elle peut vivre jusqu’à 20 ans.

Les rivières de 1ère ou 2ème catégorie piscicole

Contrairement à ce qui est généralement perçu, les cours d’eau de 1ère catégorie ne sont pas de meilleure qualité que les rivières de 2ème catégorie. Il s’agit d’un classement administratif qui distingue les cours d’eau salmonicoles dont le peuplement piscicole est composé de la truite fario et de ses espèces d’accompagnements (1ère catégorie), des cours d’eau cyprinicoles dont le peuplement piscicole est composé du brochet et de ses espèces d’accompagnement (2ème catégorie).

Source : La pêche de loisir en Eure-et-Loir 2009/2011 /Fédération départementale de pêche

Entretien des rivières

Obligation des propriétaires et des collectivités territoriales.
L’article L. 215-2 du code de l’environnement énonce le principe selon lequel le lit des cours d’eau non domaniaux appartient aux propriétaires riverains, ainsi que le droit d’usage de l’eau. En contrepartie, il leur incombe d’entretenir, protéger les berges et assurer le libre écoulement des eaux.
La loi n° 2006-1772 du 30/12/06 a substitué la notion d’entretien régulier à celle de curage dans le code de l’environnement (articles L. 215-14 à L 215-18).
L’entretien régulier y est défini comme ayant pour objet de : maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre ; permettre l’écoulement naturel des eaux ; contribuer au bon état écologique du cours d’eau ou, le cas échéant, à son bon potentiel écologique, notamment par enlèvement des embâcles, débris et atterrissements, flottants ou non, par élagage ou recépage de la végétation des rives.
Les collectivités territoriales sont, pour leur part, incitées à organiser avec les propriétaires concernés des opérations groupées d’entretien dans les conditions définies par l’article L. 215-15 du code de l’environnement. Elles peuvent désormais intervenir pour entretenir un cours d’eau à l’échelle d’une unité hydrographique cohérente et de manière compatible avec les objectifs du SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) lorsqu’il existe. Elles doivent suivre un plan de gestion, autorisé par l’autorité responsable de la police de l’eau après une enquête publique.
Les sanctions

Deux types de mesures sont prévus à l’encontre du propriétaire qui ne respecte pas les obligations qui résultent de l’article L. 215-14 du code de l’environnement :
1°) les collectivités peuvent effectuer les travaux nécessaires aux frais du propriétaire.
2°) L’administration peut sanctionner le propriétaire.
3°) Cas des travaux présentant un caractère d’intérêt général ou d’urgence.

Mais il convient de rappeler aussi que les propriétaires riverains exposés à un risque de crues torrentielles peuvent prétendre, au titre de l’article L. 561-1 du code de l’environnement, en cas de risque prévisible d’atteinte grave à leur propriété du fait de ces crues, au versement d’indemnités résultant de l’expropriation des biens exposés à ce risque.

Source :Carrefourlocal.senat.fr/divers/entretien_rivieres_obligation-pro…

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